Sensibilisation à l'alimentation saine et durable - Cantines Rebelles

Comment un Centre d’Insertion SocioProfessionnelle (CISP) forme des demandeurs d’emploi, sensibilise à une alimentation équilibrée (bio, locale et de saison) et devient un exemple de Transition et d’Insertion en milieu rural.

Sensibilisation à l’alimentation durable

Tisser des liens

Depuis le lancement du projet en octobre 2016, Catherine, entrée chez Devenirs en 2015 et formée en animation, est chargée des relations avec les écoles. Dans ce cadre, elle assure également la formation et l’encadrement des bénévoles qui servent les repas ainsi que le travail d’animation autour de la thématique du « bien manger » avec les enfants.

Les directions d’école sont rencontrées de manière indépendante ainsi que chaque partie prenante (équipe pédagogique, pouvoir organisateur, les parents…) Chaque rencontre consiste en une prise de contact personnalisée, qui vise à informer des tenants et aboutissants de la démarche, de l’origine du projet, de ses objectifs et des avantages que l’école et l’ASBL auraient à offrir le service de repas chaud.

Chaque école opère les choix qui lui conviennent le mieux notamment au niveau de la fréquence du service et des animations proposées.

L’équipe de bénévoles qui est en charge du service est constituée par l’école. Une fois cette équipe constituée, Catherine les rencontre, tout comme elle rencontrera les enseignants impliqués.

Aux enseignants, il s’agira d’expliquer la démarche dans tout ce qu’elle pourrait amener comme contenu exploitable en cours (par exemple, les chiffres résultants du pesage des restes -voir ci-dessous- peuvent être utilisés dans le cadre de l’apprentissage des fractions ou des pourcents) ; aux bénévoles, il s’agira de former au service et à la composition de l’assiette. Le réflexe peut parfois être de proposer une assiette trop remplie.

Catherine les accompagne pendant plusieurs semaines dans le service afin de veiller au respect des quantités à servir mais également au suivi des normes AFSCA (prise de température régulière, normes d’hygiène).

D’un point de vue pratique, c’est également elle qui va, dans l’école, mettre au point le dispositif de service des repas. Comme dit plus haut, certaines écoles ne disposent pas de réfectoire, il s’agit dans ce cas-là de trouver des solutions pour que le confort des enfants (notamment au niveau du bruit) et la facilité de transport puis de service des repas soit assurée.

À chaque école son autonomie

Le nombre de repas servis par école est étonnement diversifié, on passe ainsi de situations où une école n’est livrée qu’une fois par semaine mais demande 100 repas à d’autres qui sont livrées quotidiennement à raison d’une dizaine de repas seulement en passant par une autre dans laquelle seulement une dizaine de pourcent d’enfants sont demandeurs. Clairement ici, c’est la dynamique dans l’école, l’envie des équipes pédagogiques et l’enthousiasme à relayer l’info aux enfants qui peuvent jouer.

Quant au personnel de service, là aussi, on constate une grande diversité selon les écoles. Par exemple, à Fraiture/Tinlot, ce sont des bénévoles et des seniors qui se chargent de réceptionner les thermo boxes et de servir les enfants. On ne peut que constater la grande motivation des différents intervenants, qui, depuis la mise en place du système sont en grande majorité les mêmes. Un esprit familial prédomine, le travail plaît et insuffle un sentiment d’utilité. L’équipe est assez importante pour ne pas nécessiter une présence permanente de chacun, ce qui permet d’éviter fatigue et démotivation. Dans une autre école, à Ouffet, où les repas ne sont livrés et servis qu’un jour par semaine, c’est une bénévole, entourée de la direction et de quelques professeurs qui se charge du service. Enfin, la commune d’Anthisnes a chargé l’équipe du service communal d’accueil temps libre d’assumer la réception des repas et le service à table.

Focus : le travail du personnel de service dans les écoles

Contrôle des températures

1. Prendre la température des différents aliments

La feuille de liaison

2. Lecture de la feuille de liaison qui les accompagne qui reprend le nombre d’aliments différents et leurs quantités respectives à servir + listing des éventuels allergènes

Portions

3. Service (utilisation des « bouleuses »)

Entraide

4. Débarrassage des tables (par les enfants des primaires et/ou les bénévoles en maternelle)

Objectif réduction du gaspillage alimentaire

Un des objectifs de la démarche est de conscientiser à une diminution du gaspillage alimentaire. La première assiette que reçoivent les enfants contient tous les aliments du jour, mais en quantité réduite (la consigne ici est de goûter à tout). Chaque enfant peut ensuite venir se resservir, en tentant de respecter la deuxième consigne qui est de terminer tout ce qu’il a demandé en plus. Dans ce cadre, et afin d’éviter les déplacements d’un lieu à l’autre, la solution idéale serait que le lieu de service soit le même que celui où les enfants mangent, ce qui n’est hélas pas toujours le cas.

Autre moyen de poursuivre cet objectif : à la fin du repas, tous les restes sont rassemblés dans un seau, et pesés. Le chiffre est noté et, afin de bien le faire comprendre aux enfants, c’est sous une forme évocatrice que les résultats sont transmis ; ce n’est pas le nombre de kilos d’aliments « perdus » qui est communiqué mais bien le nombre de repas que ce poids représente : « en avril, nous aurions pu servir X repas en plus ». Certains enfants sont plus conscientisés que d’autres et, en fin de repas, tentent de convaincre leurs camarades de finir leur assiette pour faire diminuer le chiffre. Ce système fonctionne d’autant mieux si l’école en question promeut déjà le zéro déchet. Dans ce cas-là, la démarche s’inscrit dans un état d’esprit global qui va du type de collation que les enfants sont autorisés à apporter à l’école (sans emballage, sans berlingot, usage de gourdes) et mène logiquement à l’absence de poubelle.

À noter : la part de gaspillage est plus importante en primaire qu’en maternelles. Les plus petits arrivent avec un esprit encore ouvert à la nouveauté, prêts à goûter à tout. Les plus grands ont déjà eu le temps d’affirmer leurs goûts et le temps de les faire essayer d’autres aliments (ou d’en réessayer certains trop vite catalogués comme « mauvais ») sera donc plus long.

Ce chiffre est également transmis à Joël qui, en cuisine, en tiendra compte lors de la confection des menus en début de chaque année scolaire. Les pourcentages de gaspillage par recette sont donc archivés et analysés.

Finalement, qu’est-ce qu’on mange ?

Autre objectif poursuivi par l’ASBL durant les animations avec les enfants, celui de la découverte des légumes sous leur forme « naturelle », soit avant qu’ils ne soient cuisinés.

A quoi ressemble un plant de courgette ? Comment poussent les bettes et les carottes et quelles sont les différentes manières de les cuisiner, de les accommoder ? Quand cueille-t-on les haricots ? Autant de questions, parmi d’autres, qui sont abordées durant les animations en classes ou lors des visites sur les lieux de productions.

Les premières semaines, Catherine présente -au moment des repas- les légumes « tels qu’ils sortent du jardin » pour que les enfants puissent établir le lien avec ce qu’ils mangent. Dans certains cas, on ne se limite pas aux légumes : le jour du couscous par exemple, ce sont les épices, les pois chiches secs et la semoule qui sont présentés.

Ensuite, pour chaque école, des visites chez les producteurs de légumes sont organisées. Certaines visites ont lieu chez des producteurs partenaires de l’ASBL (Les « Jardins d’antan » par exemple) alors que d’autres ont tout naturellement lieu à Strée, dans les locaux et sur les terrains où l’ASBL organise les formations en maraîchage. Ces visites sont l’occasion d’impliquer les acteurs de terrain : les maraichers en formation, les formateurs, les maraichers professionnels et des responsables d’ASBL partenaires actives dans la sensibilisation des plus jeunes à l’écologie.

Qu’elles se tiennent dans les classes ou même parfois dans la cuisine de l’ASBL, les enfants ont l’occasion de découvrir, de nettoyer et de cuisiner les légumes. Catherine mène les animations en compagnie d’une nutrithérapeute/pharmacienne, Caroline Hallut (découverte de la pyramide alimentaire, etc) qui peut aller jusqu’à initier les enfants à la confection de collations saines. Sachant la composition des assiettes servies (une moitié de légumes, un quart de protéines (animales ou végétales) et un quart de féculents) les animations reviennent sur le pourquoi de cette répartition, sur l’importance des légumes, les bonnes et les mauvaises graisses. Sont également abordés : l’importance de l’eau, le taux de sucre dans certaines boissons (l’occasion de relativiser les boissons soi-disant vitaminées), l’importance du petit déjeuner, la composition de la boîte à tartine et les collations saines, la lecture d’étiquettes…

Les Cantines rebelles en pratique

Les menus/prix

Devenirs propose des menus uniques avec la possibilité de bénéficier d’un potage (voir site : https://www.devenirsencuisine.be).

Tarif : Primaires 3.8 €/maternelles 3 €. Potage : 0.7 €.

Devenirs fait le constat que les produits issus de l’agriculture biologique, locaux et de saison ne coûtent pas plus cher que les produits conventionnels issus des grands groupes agro- alimentaires.

Le service des repas :

Le service de repas s’effectue actuellement dans 12 écoles primaires et maternelles du Condroz hutois (le réseau des cantines rebelles) :

Anthisnes : école communale ; le lundi.
Limont : école communale ; le mardi.
Villers-aux-Tours : école communale ; le mardi.
Anthisnes : école Saint-Maximin ; le lundi.

Fraiture : école communale : lundi, mardi, jeudi et vendredi.
Warzée : école communale : le mardi.
Ouffet : école Saint-Joseph ; le mardi.

Villers-le-Temple : école communale ; le jeudi.
Nandrin : école Saint–Martin ; potage le lundi et le jeudi et repas le vendredi.

Vierset : école Sainte-Famille ; le jeudi.
Marchin : école communale de Belle-Maison ; lundi, mardi, jeudi et vendredi.
Comblain : école Saint-Joseph ; le vendredi.

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